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vendredi 15 avril 2011

Latences #4 / texte

LATENCES#4
Charles Lemaire / 2011

Ce travail, conceptuel et photographique, tourne autour de l’image latente : celle qui se forme dans le film et disparaît, en même temps qu’elle est révélée par le processus de développement.
Il y est au moins autant question de « la photographie » (le fait de photographier) que « des photographies », et aussi bien plus du temps de la photographie que de la lumière qui lui est indispensable.
Ce travail constitue la quatrième étape d’une démarche plus large, commencée en mai 2006, dont toutes les composantes sont et seront exposées sur le blog image-l-attente.blogspot.com.

Contenu
  • Dans une boite de dimensions 33x33x16 cm
  • 24 tirages couleur 20x20 cm, papier brillant
  • 2 séries de négatifs couleur 6x6 cm
  • 2 planches contact
  • 4 films exposés (négatifs couleur et noir et blanc), non développés
  • 1 note explicative
  • 1 paire de gants noirs

Processus
  • 49 films non développés ont été empruntés à un collectionneur.
  • Prise de vue
    • Ces films sont d’abord photographiés dans le sac dans lequel ils ont été livrés pour une première vue d’ensemble.
    • Ils sont ensuite extraits du sac pour une photo de groupe.
    • Le groupe est ensuite réparti par marques : chaque marque fait l’objet d’une photo de famille.
    • Chaque film fait ensuite l’objet d’un portrait.
    • Lors du changement de film (chaque film comptant 12 vues), le film qui vient d’être extrait de l’appareil fait à son tour l’objet d’un portrait sur la première prise de vue.
    • Lorsque chacun des films de la collection initiale a été photographié, chacun des 5 films de la séquence est l’objet d’un nouveau portrait.
    • Les cinq films de la séquence participent encore à un portrait de famille.
    • Et enfin tous les films, y compris ceux participant à la séquence, sont photographiés dans le sac pour une nouvelle vue d’ensemble.
  • Développement et tirage
    • Le premier et le dernier film de la séquence sont livrés au développement.
    • Une planche contact est commandée.
    • Un tirage 20x20 cm sur papier brillant est commandé en même temps que le développement.
  • 53 films non développés sont restitués au collectionneur.

4 Séries
  • Une toute première série (Latences#4/1/1) a servi de test avec un seul film et seulement la planche contact.
  • Une deuxième série (Latences#4/2/1 et 2) a été interrompue juste après le deuxième film suite à la constatation d’une erreur technique dans l’exécution des prises de vue.
  • Une troisième série (Latences#4/3/1 à 6) a fait l’objet de tirages (12 + 8 photos), mais pas de planche contact ; elle a été rejetée à cause de l’indiscipline caractérisée d’un des films photographiés.
  • La quatrième série (Latences#4/4/1 à 6), du 26 février 2011, inclut non seulement la collection initiale (utilisée dans les séries 1 à 3) mais aussi les 4 films non développés de la troisième série (Latences#4/3); une planche contact a été commandée pour cette série.
  • La collection restituée contient non seulement les 49 films originaux mais est augmentée des 4 films non développés de la troisième série (Latences#4/3).

samedi 5 mars 2011

Plus pres (2009)

Plus près (2009)
(En mémoire de Lucie Lemaire – 1929-2010)

Comment vivre tant d’années encore avec un être qui n’est déjà plus là ? Dont la parole n’a plus de sens que par accident, et si rarement au bon moment. Dont le regard n’est que tourné en dedans, pour ne percevoir que des choses invisibles ou impossibles. Comment aussi réconcilier l’image de celle qui fut une mère, celle qui dicte et qui surveille, écoute et rassure, avec ce nouvel être plus dépendant et angoissé qu’un bébé ? Si absente après tant d’années de présence.

Sinon de devenir la mère de sa mère. De l’imaginer sourde et muette en même temps qu’aveugle. De s’adresser à ses autres sens. Et ainsi d’abord, comme on le fait d’un nourrisson, de la nourrir à notre tour, comme elle l’a si souvent fait.
De lui offrir la présence rassurante d’un corps tout proche, d’une odeur et d’une respiration qu’elle a sorties de son corps un demi-siècle auparavant. De lui abandonner une main qui rassure ou permet de trouver le sommeil. De lui prêter un doigt ou un poignet à serrer, et l’empêcher ainsi peut-être de s’égarer dans les terribles abysses du délire.
Plus près.

Et puis photographier quand même, mais autrement.
Parce qu’à moi le regard ne m’a pas encore été enlevé.
Parce que tenter d’oublier les temps difficiles ne rend le travail de mémoire que plus amer.

Charles Lemaire / Wavre 2011

vendredi 4 février 2011

Salaam Beyrouth !

Peu importe où et quand. La réflexion serait la même !

Salaam ? C’est une question !

Un pays qui n’est plus en guerre serait-il nécessairement en paix ?

Salaam ? Là où les façades sont souvent criblées d’impacts de balles et d’obus, ou tant d’immeubles ont été éventrés par les bombes, vers où le photographe peut-il encore tourner son objectif ?
Quand un quartier banal, un bout de pont d’autoroute, porte le nom d’un massacre, que peut-on photographier encore de la vie grouillante et de sa beauté qui n’insulte les morts ni n’accable les survivants ?
Et dès lors que les drapeaux figurent des armes de guerre, que les visages de martyrs s’affichent sur les murs, comment dire que marcher dans la rue y est tout aussi banal que là où vous êtes ?

Salaam ? En paix le vendeur de chawarma qui range une kalachnikov sous son comptoir comme d’autres un paquet de cigarettes ?
Et que montrer des bulldozers et des promoteurs qui pourraient y faire, à leur tour, des manoeuvres au moins aussi efficaces que celle des milices pour séparer les différents camps, ou leur annexer de nouveaux territoires ?
Et ce ciel, si bleu, ne sera-t-il pas traversé encore, comme juste avant mon arrivée, par des bombardiers étrangers ? Ou la mer, si bleue elle aussi, si paisible, demain comme ce le fut aujourd’hui, le lieu de trafics d’armes empêchés par des arraisonnements belliqueux ?
Demain la guerre ? Ici ou dans la plaine, là bas, par delà la montagne ? Mais si près quand même !

Et surtout ce blindé en faction au coin de la rue, cette casemate et sa mitrailleuse, ces guerriers omniprésents, qui protègent-ils du retour de la violence ou ne seraient-ils pas là que pour la perpétuer ?

Salaam. C’est un fait !

Les enfants jouent et courent dans les souks.
Je parcours la rue. Un salut. Un sourire.
Mes photographies peuvent encore capter la vie, malgré ces éclats de mort qui la salissent.
Et l’œil se laisser intéresser par autre chose que l’obscénité de la violence.
Espérer peut-être. Vivre en tout cas !
Faire un pas de côté. Regarder l’aujourd’hui seulement.
Y découvrir beauté, élégance, pittoresque, modernité : vie encore, et complexité !
Se sentir bien !

Salaam ! Enfin, c’est un vœu !

Et s’il existe des photographes de guerre, y aurait-il quelque part enfin aussi place pour des photographes de paix ?

Charles Lemaire
Liban (nov 2009) / Belgique (avril 2010)

dimanche 11 octobre 2009

Expositions

Septembre 2013 / Chastre / 13ème promenade des artistes / Travaux récents
Juin 2013 / Wavre / Ecolo des Beaux Arts / Elèves finalistes / Adam & Eve
Octobre 2012 / Louvain-la-Neuve / Closer
Septembre 2011 / Chastre / 12ème promenade des artistes / Closer / Tattooed skin
Mars 2011 / Sart Messire Guillaume (Court St Etienne) / Parcours d'artistes / Salaam
Décembre 2009/Janvier 2010 / Uccle / Plus près (Uccle)
Novembre/Décembre 2009 / Neufvilles / Plus près (Neufvilles)
Septembre 2009 / Chastre / 11ème promenade des artistes / Closer, Plus près, Dichterbij
Septembre 2008 / Louvain-la-Neuve / 5ème parcours du trèfle / USA² : les Etats-Unis au carré
Septembre 2007 / Chastre / 10ème promenade des artistes / Green, Vert, Groen
Septembre 2005 / Chastre / 9ème promenade des artistes / Quadrilles, pentagrammes, neuvaine

Mais aussi:
Juin 2012 / Wavre / Ecole des beaux arts
Avril-Mai 2012 / Gembloux / Parcours d'artistes: Au fil de l'onde / Agrophot
Avril 2012 / Houyet / Syndicat d'initiative / Agrophot et Ephonaf
Avril 2012 / Namur / Maison de la culture / Présélections du concours RTBf/CANVAS
Mars 2012 / Gembloux / Foyer culturel / Agrophot
Janvier 2012 / Gembloux / Centre culturel / le Ravel, avec Agrophot
Novembre 2011 / Wavre / Hotel de ville / Hommage à Maurice Carême
Juin 2011 / Wavre / Ecole des beaux arts / Latences#4
Mars 2011 / Wavre / Ecole des beaux arts / Eléments de la série Closer
Juin 2010 / Wavre / Ecole des beaux arts
Juin 2009 / Wavre, Ecole des beaux arts
Mars 2009 / Hamois avec Agrophot et Ephonaf
Juin 2008 / Wavre, Ecole des beaux arts
Mars 2008 / Gembloux avec Agrophot
Juin 2007 / Wavre, Ecole des beaux arts
Février 2007 / Gembloux avec Agrophot
Septembre 2006 / Ciney avec Agrophot et Ephonaf
Mars 2006 / Gembloux avec Agrophot
Mars 2006 / Epinal (Vosges) avec Agrophot et Noir et Couleur

samedi 1 août 2009

Chastre 2009 / Du portrait au corps a corps

Laissons le philosophe Roland Barthes à son « mystère de la chambre claire » quand il écrit que « chaque fois que je me fais (que je me laisse) photographier, je suis immanquablement frôlé par une sensation d’inauthenticité, parfois d’imposture ». Il souffre sans doute de ce mal que décrit la photographe Imogen Cunningham : «Tant de personnes ont tellement peu d’estime de soi qu’elles ne trouvent jamais aucune reproduction d’elles-mêmes qui leur convienne. Aucun d’entre nous n’est né avec le visage qui lui convient.»(1)

Il n’est bien ici question que de confiance, car le portrait exige de chacun de s’abandonner à la relation photographique.
Du photographe qu’il cesse de se projeter, et de se représenter dans chacune de ses photos, pour enfin, dans le portrait, voir l’autre et le laisser s’exprimer. Fut-ce d’ailleurs pour en sortir quelque chose que ce dernier n’aurait jamais soupçonné.
Du sujet qu’il cesse de se cacher, de se la jouer impassible, d’afficher une « face de poker » ou de simuler la spontanéité, tout autant que d’éviter la pose, le sourire coincé ou l’air inspiré. Cesser avant tout de feindre ignorer la présence du photographe.

Et c’est Robert Capa qui m’a offert une autre clef : «Si tes photos ne te semblent pas bonnes, c’est que tu n’étais pas assez près !» (2) Même si, le reporter de guerre ne parlait évidemment pas de portrait…
Mais qu’à cela ne tienne, c’est au plus près que je suis allé chercher mes sujets, et, faisant sauter la “distance de sécurité” qui sépare rituellement le photographe de son modèle, je leur met mon énorme boitier sous le nez, leur fait entendre le boucan mécanique de la prise de vue, ils me regardent au moins autant que je les regarde.
Comme le dentiste, je leur affirme que cela ne fera pas mal! Et, au moins, contrairement à l’arracheur de dents, je tiens mes promesses!

Et, miracle, au bout d’un instant, le modèle se détend, quand il n’éclate pas de rire!
Il ne se voit pas, ne s’imagine plus, se représente si peu, tant mon point de vue lui est étrange. Celui d’un voisin de table, de bus ou d’ascenseur ; ou celui peut-être d’un compagnon de lit. Vois-je son oreille, son col, le bout de son nez ? Un œil ou les deux?
L’intimité est telle qu’il n’est plus temps de se cacher ou d’esquiver…
Seulement celui d’accepter, totalement, le corps à corps avec le photographe, ou de le refuser.

Je ne touche pas… Même pas pour remettre en place une mèche rebelle.

Mais mon appareil vole de ci de là, cueillant des images et des impressions comme le ferait des odeurs la truffe d’un chien ou le museau d’un chat sur un humain acceuillant.


Charles LEMAIRE
Juillet 2009
«Closer / Plus près / Dichterbij» - Chastre, Septembre 2009

(1) So many people dislike themselves so thoroughly that they never see any reproduction of themselves that suits. None of us is born with the right face. It’s a tough job being a portrait photographer. - Imogen Cunningham (Source www.photoquotes.com)
(2) If your pictures aren't good enough, you're not close enough. – Robert Capa

vendredi 31 juillet 2009

Troc

TROC: nom masculin (1636; troche, 1434; troque, 1530; de troquer). Echange direct d'un bien contre un autre. Faire un troc avec qqn. Faire le troc d'une chose avec une autre, de deux choses. Voir Troquer. - Système économique primitif, excluant l'emploi de monnaie. Economie de troc. Accord de troc. "Un retour tout à fait inattendu au système primitif, au système des sauvages, au troc" (Valéry).

Rien n’est à vendre...
Mais, il n'y a aucune de mes photos non plus que demain vous ne puissiez accrocher chez vous...

Alors, faites preuve d'imagination!
Tentez d'imaginer mes goûts, mes intérêts, d'ouvrir d'autres moyens ou d'autres voies à mon art...
Et maintenant, ou un autre jour, trouvez ainsi ce qu’il me plairait de recevoir en échange de mes photographies.
Et nous y puiserons notre bonheur commun…
Sinon, passez votre chemin!

mercredi 22 juillet 2009

Des maitres...

... chacun en a, même s'il refuse de les reconnaître
Par ordre alphabétique, quelques uns des auteurs qui me remettent encore chaque jour en question...

Ansel ADAMS / Certains pensent qu'il a édicté un système... alors que ceux qui le lisent dans le texte ne peuvent y trouver qu'une absolue liberté, résultat d'une conscience absolue. Seulement un grand photographe parmi tant d'autres... mais sans aucun doute, le plus grand pédagogue! Celui qui vous apprend à lire!
Guy BOURDIN / Rien qu'un photographe de mode sans doute... Mais ce n'est que chez lui que j'ai trouvé cette capacité de raconter une histoire en une image, alors que tous les autres en ont besoin de trois! A cause de lui, chaque semaine, je feuillette les pages mode de mon "Victoire" (le supplément du Soir) et sais y apprécier la véritable créativité.
Simon CHAPUT / Me trouver seul face à un de ses "bare landcapes" (paysages nus) gigantesques (1x3m) chez Gallery 51 à Anvers est une de mes expériences les plus intéressantes de consommateur de photographie. Mon slogan nudité=nullité est là réduit à néant!
Imogen CUNNINGHAM / Un nu encore - triangles - visible au musée de la photographie de Charleroi me rend la veille dame de la photographie particulièrement chère. Une photo pas vraiment exceptionnelle (à la Ansel Adams) mais qui semble contenir tout et le reste. Avoir compris l'essentiel de l'acte de photographier.
Paul DEN HOLLANDER / Pour y avoir consacré une année de mon activité photographique, et une exposition, il me semblait connaître le vert... Jusqu'à voir l'expo de Paul den Hollander à la galerie contretype et de me rendre compte que je ne connaissais que celui de mon film (Fujifilm PRO160S)...
Vincent DUSEIGNE / Jamais rencontré... mais dont j'admire l'obsession pour des lieux étranges et souterrains que je n'oserais jamais visiter; la familiarité des lieux et des êtres combinée à leur totale étrangeté ressemble à ce que je trouve chez Bilal en bande dessinée...
Alain JANSSENS / J'ai commencé le moyen et le grand format à f16 et f22... tout à la satisfaction de retrouver un peu de cette netteté absolue que me refusait déjà mon propre regard... Je l'ai poursuivi plus raisonnablement, en apprenant le principe de la diffraction, et partis naviguer vers les f8 et f11... Mais depuis que j'ai vu les photos d'Alain Janssens, je me trouve parfaitement bien à f2.8 et au 1/30s!
Joseph SUDEK / La visite de son atelier, à Prague, est une expérience presque religieuse. Et les vidéos qui le représentent permettent de retrouver le geste, d'y laisser percevoir le regard. Sans doute, dans la méthode, le nombre et le rythme, tout à l'opposé d'Ansel Adams, mais en même temps si proches dans la qualité, et l'intensité.
Jean-Marie VANDELOISE / Pour la simplicité, absolue, de son regard, et la qualité incroyable de tout ce qu'il montre! Toute sophistication bannie. On dirait qu'il ne reste rien que le regard, et puis l'image qui en résulte.

mercredi 15 juillet 2009

Chastre 2009 / Closer, plus pres, dichterbij

Exposition : Charles Lemaire / photographies argentiques (N&B et couleur)
Closer / Plus près / Dichterbij

59 rue de Corsal / Cortil Noirmont (1450-B) / Belgique
Les 19 et 20 septembre 2009
Samedi de 14 à 18h, dimanche de 10 à 18h
Dans le cadre de la 11ème promenade des Artistes de Chastre

Après « Quadrilles, pentagrammes, neuvaine » en 2005, « Green, vert, groen » en 2007 et « USA² » en 2008, Charles Lemaire présente les 19 et 20 septembre à Chastre son approche contemporaine du portrait sous le titre « Closer, plus près, dichterbij ».
Loin du portrait classique, d’autant plus beau et solennel qu’il était figé et compassé. C’est au plus près, au corps à corps que ces visions sont saisies. Partiales et partielles, qui pourraient nous donner l’illusion d’en connaître le tout et la vérité, alors que l’autre ne nous est jamais au mieux que familier.
Les mêmes jours on pourra voir, au même endroit, les photos de Françoise Racquez et, ailleurs dans la commune, celles de Jean-Marie et Bertrand Vandeloise, Henry Brousmiche, Michel Salberter, Gilles Lambert et Nathalie Annoye, ainsi que les oeuvres de dizaines d'autres artistes.


Avec aussi la participation dans ce lieu d'exposition:
Le samedi 19 septembre 2009, à 16h, la chorale Si ça vous chante ! de Gentinnes
Le dimanche 20 septembre 2009, à partir de 15h, la pianiste Dominique Cassart

mardi 14 juillet 2009

Mes liens

Vous me retrouverez aussi sur...
biloko.blogspot.com - Mon blog sur la photographie, la mienne et celle des autres...
users.swing.be/charles.lemaire - Mon site web "historique"
Projets:

Louvain-la-Neuve 2008 / Parcours du Trefle

USA² / Les Etats-Unis au carré

Tous ceux qui y sont allés vous diront que les Etats-Unis ont quelque chose de particulier.
Pas tant que les gens y seraient plus gros, plus grands, plus bruyants qu’ailleurs... ce sont juste des clichés -.
Peut-être que le ciel y est plus grand qu’ici - en tout cas, il semble sans limite -.
Et puis il y a ce fait que, au bout d’un moment, nos yeux se mettent à vivre et à voir autrement. Mes photos des Etats-Unis, bizarrement, ne ressemblent pas à celles que je fais en Europe. Au bout de deux jours à Miami, Las Vegas ou Portland, je ne suis plus le même photographe. Et les paysages du haut désert ou d’ailleurs, pris avec le même appareil, hurlent leur américanité.
Ce ne sont plus seulement les USA, mais bien les USA au carré !

Chastre 2007 / Vert (Green, Vert, Groen)

«Verde que te quiero verde.
Verde viento. Verdes ramas.
El barco sobre la mar
y el caballo en la montaña.
Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda,
verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata.
Verde que te quiero verde.
Bajo la luna gitana,
las cosas la están mirando
y ella no puede mirarlas.»

Frederico Garcia Lorca
Romance Sonámbulo

Il y a longtemps, très longtemps, du temps de mes parents et de mes grands parents, le monde était en noir et blanc. Tout le monde l’a oublié, mais chaque photo ancienne en porte encore le témoignage incontestable. Les maisons ? Blanches, grises et noires. Les arbres, gris foncé, gris clair... Les chinois ? Gris. Les peaux-rouges ? Gris. Les noirs ? Noirs et les blancs blancs ! Les marchands de couleurs vendaient toutes les palettes du noir au blanc, toutes les variétés de gris.
Puis est venue la couleur. En photo, au cinéma, et même à la télévision. Je devais être trop jeune pour m’en souvenir. Ou alors cela ne s’est-il pas fait en un jour. Aucun livre d’histoire ne le raconte, et j’ai oublié de demander à mes parents quand ou comment la chose s’était faite. Doucement au début je crois... Avec tous les excès par la suite. Même la nuit, que l’on dit encore noire et qui l’était jadis, fuse aujourd’hui de tous les néons multicolores...
Mais, demain, un jour c’est sûr, le monde sera vert !

Exposition de photographies
VERT (Green/Vert/Groen)
par Charles Lemaire,
les 15 (14h à 18h)
et 16 (10h à 18h) septembre 2007
Vernissage le samedi 15 septembre 2007 à 13h30

Bio

Charles LEMAIRE
Né à Malmédy (Province de Liege / Belgique) le 15 octobre 1958
Résidant à Chastre (Province de Brabant wallon / Belgique)
Licencié en Communication sociale
Elève à l’école des Beaux arts de Wavre depuis 2006
Membre du club Agrophot de Gembloux

Vers 1968 : certains manifestent. Je fais ma première photo au Kodak Box
1975 : avec des copains, j’achète mon premier boitier reflex (un Minolta SRT101) et mon premier téléobjectif (c'était un 200mm, mais pour le reste la mémoire me fait défaut)
1981 : journaliste et critique de cinéma en Afrique, et mon premier boitier professionnel (un Canon F1, première génération)
2000 : la crise de la quarantaine ? Cadrer à l’horizontale ou à la verticale ? Je fais de moins en moins de photos, essaye le panoramique (jetable). Avec des questions pareilles, je devrais peut-être faire du dessin! Ou du tricot!
2002 : sauvé par le format carré ! Finis les petits oiseaux, les souvenirs de vacances et les habituelles photos de famille; la photo est (aussi) un art!
2005 : j’expose pour la première fois le résultat d’une année de travail

Je pratique essentiellement la photographie argentique moyen format (6x6)